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Littérature
 La Cadillac blanche de Bernard Pivot
Pour notre plus grand plaisir, Alain Beaulieu a réuni une quarantaine d'écrivains, des hommes, des femmes, des vivants et des trépassés, autant de Québécois que de Français, pour un huis clos des plus délurés. De Gaston Miron et Jean-Paul Dubois à Amélie Nothomb et Yves Beauchemin ou Réjean Ducharme, tous ils ignorent la raison de leur énigmatique et subite collégialité. La rumeur veut qu'il serait question du sort de la littérature, de son avenir, voire de sa survie. Quand donc Bernard Pivot, leur hôte, se joindra-t-il à eux ? Qu'aura-t-il de si cataclysmique à leur apprendre ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire de Cadillac blanche ? Et qui est cet énigmatique Bookie Joe qu'il semble craindre de leur présenter ? Le dénouement de ce fascinant huis clos sera à la mesure de l'événement : inattendu et méchamment intelligent.
Dans une mise en scène légère et carnavalesque, c'est à une véritable fête de la parole et de l'écriture que nous convie Alain Beaulieu. Sa connaissance raffinée de l'oeuvre des auteurs qu'il célèbre donne lieu à des échanges tantôt émouvants tantôt d'une irrésistible drôlerie, et sa maîtrise de leur écriture nous offre quelques pastiches tout à fait anthologiques.
« L'écriture de ce roman était d'une certaine manière annoncée dans mon roman intitulé Le Joueur de quilles (2004). Au départ, il s'agissait de puiser à la fois dans la vie et dans l'œuvre de mes "écrivains invités" pour alimenter une intrigue relativement loufoque liée au milieu littéraire. Mais j'ai vite senti qu'il y avait des questions plus graves à poser telle l'importance de la littérature dans nos sociétés atomisées, sur la place de la littérature francophone dans le corpus mondial, sur celle de la littérature québécoise dans le corpus francophone. » AB
Le Joueur de quilles
Imaginez un écrivain, Samy Martel, travaillant à un immense roman mettant en scène une quarantaine d'écrivains québécois et français (morts et vivants) débattant dans un grand restaurant parisien; imaginez-le interrompu par une «offre qu'il ne peut refuser» : la rédaction de la biographie de Rémi Belleau, petit truand pseudo-homme d'affaires, qui veut laisser la trace de certaines de ses activités moins connues; imaginez maintenant que tout cela a également à voir avec la mort récente de Sylvain, beau-frère et ami de Samy... ainsi qu'avec le rêve d'un Québec indépendant. Et tout cela, admirablement architecturé, donnera un roman étonnant sur l'écriture, l'engagement, la responsabilité individuelle et l'importance de certains « choix » personnels ou collectifs.
Présentation d'André Ricard lors de la remise du Prix de la Ville de Québec :
Le Joueur de quilles est, des romans tout public d’Alain Beaulieu, le quatrième qui prend à témoin la ville de Québec. Comme pour les précédents, l’auteur en fait non pas seulement le décor, mais le creuset même de l’action, avec des personnages, souvent déviants, qui naissent des antagonismes sociaux inscrits en permanence dans ce contexte urbain. Le Joueur de quilles est un ouvrage abouti, consigné dans le réalisme pour le dépasser, puisque, à ce qui prend peu à peu l’allure d’un thriller, se mêle la préoccupation de responsabilité de l’écrivain face à son travail. Il faut admirer le délié de la narration, qui commence avec la mort inexpliquée d’un ami pour conclure avec la résolution du mystère, mais non sans le connecter avec l’improbable poursuite à quoi s’attache le personnage central de l’écrivain. Contre la coquette somme promise, celui-ci rédigera, comme nègre, l’autobiographie d’un truand de petite envergure, un mafieux de paroisse qui étend son territoire, le protège et fait du crime son fond de commerce. Avec des ellipses, mêlant le récit intimiste et le suspense, avec un art éprouvé de la mise en scène, l’auteur nous livre la déposition d’un criminel dont les aveux incomplets visent peut-être à le justifier, faisant un complice de l’écrivain.
Le Fils perdu
Quand le réel rejoint la fiction et que la vie se mêle aux mots, tout peut arriver, le meilleur comme le pire. Samy Martel en sait quelque chose, lui qui a osé raconter la vie de ses amis de jeunesse dans son dernier roman.
Bien sûr, Loup n'était encore qu'un enfant quand le drame a changé le cours de son existence. Perdre sa mère à neuf ans, et voir son père s'éloigner pour oublier. Devoir vivre chez une tante qui fait tout ce qu'elle peut, mais qui ne remplacera jamais la femme que Loup a aimée plus que tout. Fuir à son tour et squatter dans Montréal, amoureux de Virgule, elle aussi esseulée.
Froid de l'hiver et dette de drogue, la vie est dure pour ces orphelins errants. Mais le monde des adultes est parfois si laid qu'ils préfèrent se faire souffrance plutôt que de participer à tout ce gâchis.
Et le temps joue pour eux, car demain ils seront libres... enfin libres.
Quatrième de couverture :
À Québec, l'écrivain Simon est en panne d'inspiration. Camille, sa compagne, en profite : et si l'on se faisait un enfant…
À Belœil, Paul vient de quitter ses associés. Diane, sa femme, est inquiète. Avec leurs trois enfants à éduquer et sa garderie à gérer…
À Montréal rôde le sombre Bruno, un grand enfant qui en sait un peu trop sur la belle Diane et toute leur bande d'anciens copains. Et voici que bientôt les ados Loup et Virgule glissent dans les nuits glauques de la métropole. Où vont ces enfants incertains et leurs parents improbables? Vers la liberté?
Dans son troisième roman, Alain Beaulieu poursuit le tableau de la vie contemporaine commencé dans Fou-Bar. Il le fait maintenant autour de l'histoire de Loup qui, à neuf ans, verra sa mère disparaître et son père fuir, inconsolable. Mais tout ne sera pas aussi simple pour l'écrivain fictif qui va nous raconter cette histoire en mêlant dangereusement le réel et la fiction.
Alain Beaulieu propose ici son troisième roman après l'accueil si chaleureux reçu par Fou-Bar, "une histoire captivante" selon Anne-Marie Voisard, et Le Dernier Lit, "un suspense pas piqué des vers" selon Réginald Martel, tous deux parus chez Québec Amérique en 1997 et 1998.
Le Dernier Lit
L'amour, on n'y échappe pas. Ni à
la mort d'ailleurs. Il y a celle de Véronique, celle de Juniore et
toutes ces autres que l'on craint... jusqu'à la toute fin du roman. Et
c'est encore sans évoquer, plus symboliquement, la mort d'un pays rêvé
lors du référendum de 1980.
Deuil, cassure, perte des illusions. De bien grandes questions, mais un
roman tout simple. Quelques personnages : Victor, Charles, Véronique,
mais également Solange, Hortense et le terrible monseigneur Rallon.
Deux voix narratives, deux époques, un enlèvement... bref un véritable suspense qui gravite
autour du mythe de la jeunesse, de la solitude des âmes esseulées et du fanatisme religieux.
Mais attention : l'auteur ne se complaît ni dans la morale, la
nostalgie ou la bête dénonciation. Un portrait de génération, certes,
sans la complaisante amertume de bien d'autres pourtant. Rien de
simpliste ou de manichéen. Rien qui se règle par un oui ou un non...
bien trop d'inquiétude dans ce roman pour que LA réponse soit de
l'ordre de l'évidence.

Fou-Bar
Fou-Bar trace le portrait
d'une génération, celle de la jeune trentaine pour qui le triangle
amour-famille-travail ne repose sur rien de bien solide. Plus ou
moins à l'insu de ses amis — la bande du Fou-Bar — Harold Lubie
arrondit ses fins de mois en dévalisant les bungalows de la banlieue
québécoise. Le cours tranquille de sa vie de larron sera détourné
quand une jolie rouquine, éminemment sensuelle et farouchement
indépendante, viendra brader sa peau contre la sienne. Nadine le
suivra sur ses «chantiers», assimilera les trucs du «métier» puis
volera(!) bientôt de ses propres ailes. Jusqu'à ce que la flicaille la
surprenne en plein travail. La justice devra suivre son cours. Mais
voilà: remise en liberté jusqu'à la tenue de son procès, Nadine
disparaît. Harold et ses amis organisent une battue à travers la ville,
mais sa belle demeure introuvable.
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